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"Avoir raison avant tout le monde, c’est un grand tort !"( Edgar Faure).

lundi 14 novembre 2011

Nous avions diffusé, il y a plus de trois ans, une lettre ouverte aux habitants du nord du Lot dont le texte nous paraît aujourd’hui prémonitoire.

le 2 octobre 2008

LETTRE OUVERTE AUX HABITANTS DU NORD DU LOT

Objet : Liaison routière entre Biars et L’A 20

Turenne-Environnement est une association déclarée en 1994 pour la sauvegarde et la valorisation du pays de Turenne, de la vallée de la Tourmente et du causse lotois et corrézien. Notre association est attachée à la concertation. Malheureusement et nous le regrettons, il a fallu parfois agir au contentieux lorsque nos arguments, en faveur de la qualité de vie et du développement durable, étaient ignorés au travers des décisions prises.

1- Un projet du Conseil Général du Lot était en voie de réalisation...

Notre association veut faire connaître la position qu’elle a défendue et qu’elle soutient toujours pour cette liaison routière qu’elle considérait comme entérinée et en voie de réalisation depuis 2005 : le dossier était ficelé. Elle ne comprend pas l’invraisemblable rebondissement intervenu en mai 2008. Il nous semblait que, depuis quatre ans, les élus avaient pris leurs responsabilités et mis en place le chantier, contrairement à ce qu’on pouvait lire sur les pancartes brandies par les manifestants à Biars. Nous étions assurés lors de nos contacts avec les élus que la solution par le Nord de Martel, dont le désenclavement s’impose, prévoyait un court franchissement du site très sensible de la rivière Tourmente. Elle utilisait pour une grande part des chaussées déjà existantes et recalibrées pour certains tronçons. Etait aussi prévu le remplacement du demi-échangeur de la sortie 54 à Gignac par un échangeur complet. Elle représentait la moins mauvaise solution financière et environnementale tout en permettant un accès direct à la nouvelle zone d’activités de Gignac. Le débat nouveau et incident sur la distance kilométrique se réfère exclusivement à la volonté d’un unique passage par le Nord alors que les particuliers sont amenés eux, dans le cadre du regroupement des services régionaux et départementaux, à se rendre à Toulouse ou Cahors. Enfin la mise en avant de l’infime péage entre les échangeurs 53 et 54 sur la seule autoroute de France gratuite sur des centaines de kilomètres depuis Vierzon nous semble déplacée voire indécente. N’oublions pas qu’il s’agit d’un projet d’envergure qui va décongestionner les bourgs mais va créer un véritable couloir de 800 camions par jour en 2020 (source : Préfecture du Lot). Rappelons aussi que le camion est un véhicule très polluant dégageant 79 grammes de CO² par tonne/kilomètre alors que le train est treize fois moins polluant avec 6,1 grammes (source ADEME).

2- Quand un intérêt privé remet tout à plat...

Au moment où les élus présentent ce projet rationnel de tracé au public et aux responsables politiques du secteur, le 6 mai 2008 à Vayrac, un groupe de pression transformé ensuite en association s’y est opposé.

Cette association toute fraîche est parvenue à infléchir la résolution des décideurs. Elle milite pour un tracé tout à fait différent et particulièrement destructeur de la vallée de la Tourmente, longée sur plusieurs kilomètres et du causse traversé sans discernement par une balafre nécessitant expropriations et travaux routiers de terrassement où les collines et les dolines de Sarrazac seraient arasées. C’est un tracé ahurissant qui avait jusque-là échappé à la sagacité des multiples cabinets d’études ! Les promoteurs de ce tracé de la dernière heure sont apparus comme ayant une vision étonnamment conforme au souhait impérieux de Monsieur Gervoson, PDG de la société Andros, de relier pour ses camions l’A20 par le plus court itinéraire possible vers le nord en longeant la Tourmente et en coupant tout schuss à travers le causse. Ce 26 septembre, la réunion dite d’informations orchestrée à Biars, après un déjeuner réunissant le patron d’Andros et les deux Présidents des conseils généraux de Corrèze et du Lot, dans une ambiance maison très préparée avec sifflets et calicots, a été particulièrement éclairante sur les pressions qui risquent de s’exercer sur les décideurs. Turenne-Environnement veut prendre date et souhaite ardemment que la solution qui sera arrêtée comme le « meilleur tracé » puisse se prévaloir, sans aucune équivoque, de l’intérêt général. Nous n’osons croire qu’il soit choisi sous la menace abusive de la délocalisation d’une entreprise pour complaire aux vues de certains particuliers, fussent-ils des entrepreneurs pourvoyeurs actuels de traitements salariaux. Nous craignons que ces entrepreneurs dans leur logique, ne soient imperméables à toute autre considération que le parcours le plus profitable pour leurs camions. Comme l’a dit le Président Miquel : « en politique on ne gère pas comme un chef d’entreprise ». En effet, d’autres facteurs que la rentabilité interviennent, dont il faut tenir compte pour que soit respecté l’intérêt général afin de prendre la meilleure décision pour la collectivité.

3- Recadrer le projet sur l’intérêt général !

A défaut du projet insensé de tunnel et de tranchées ouvertes pour traverser Turenne - l’un des plus beaux villages de France - projet refusé par la Corrèze en 2002, on s’apprête aujourd’hui à saccager un des terroirs les plus sensibles du nord du département du Lot. C’est la nouvelle variante dénombrée 5 par les services de l’infrastruture routière du département. Elle est pour nous irrecevable parce que dédiée seulement à des intérêts privés et tracée au total mépris des sites. Après la séance bruyante et orientée du 26 septembre, nous estimons que le temps de la discrétion souhaitable à nos yeux - et que nous avons d’ailleurs observé - est désormais écoulé. Nous comptons maintenant que le choix qui sera opéré par nos élus soit la résultante de la sauvegarde de notre patrimoine inestimable mais fragile qui fait l’économie touristique et la réputation du Lot, du bien-être des populations riveraines ainsi que des intérêts de nos entrepreneurs dans le souci du respect du cadre de vie. Nous voulons aussi en tant qu’association soucieuse de l’environnement demander au Président de la région Midi-Pyrénées de repenser avec Réseau Ferré de France à la remise en état performante des voies et gares de nos bourgs tombées en déshérence, à la création d’un ferroutage dynamique et de liaisons TER qui puissent soulager nos routes, le tout en relation avec la future plate-forme multimodale de Brive-la-Gaillarde. L’échéance prévue de l’ouverture de la route en 2015 permet de réaliser conjointement cette nouvelle offre de transport en combinant le tracé routier dont il est question ici et l’ouverture du fret ferroviaire à la concurrence établie par la Communauté européenne. L’écologie y trouverait son compte et les industriels pourraient diversifier leurs transports au meilleur prix dans l’esprit du Grenelle de l’Environnement dont tous les représentants de la société civile sont parties prenantes.

En ces jours où l’on ne s’interroge plus guère sur les causes du réchauffement climatique, il nous semble inconcevable d’adhérer à un projet dont le seul but serait de permettre - à tout prix - l’écoulement quotidien d’une noria de poids lourds de plus de 50 kilométres. Si tel était le cas, alors dans vingt ans on pourrait dire à François Hollande et Gérard Miquel : « mais qu’avez-vous fait ? ».

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