Accueil du site > Aéroport > Aéroport régional de Brive : est-il justifié en 2016 ?

Aéroport régional de Brive : est-il justifié en 2016 ?

lundi 24 octobre 2016

Au-delà de la négociation sur la charte de qualité, nous devons interroger les décideurs locaux sur la nécessité de maintenir la structure aéroportuaire ruineuse pour nos collectivités locales !

Aéroports régionaux. Faut-il en fermer ?

Le journal des entreprises - 09/09/2016

En France, près d’un aéroport sur trois enregistre une chute à deux chiffres de son trafic en cinq ans. Sur 86 plateformes en métropole, 25 enregistrent une chute de trafic à deux chiffres sur cinq ans. Sur les 9 aéroports que comptent les Pays de la Loire, seul celui de Nantes est rentable. La Cour des comptes pointe un gaspillage d’argent public.

86 aéroports en France métropolitaine, 9 rien qu’en Pays de la Loire : gabegie ou nécessité ? Pour Yves Crozet, économiste des transports, professeur à Sciences Po Lyon, la réponse est claire : oui la France a trop d’aéroports. Des aéroports qui coûtent cher aux collectivités locales, indirectement aux contribuables, et génèrent souvent peu de trafic. Les statistiques de l’Union des aéroports français sont, sur ce point, éloquentes. Sur 86 aéroports en France métropolitaine, 25 enregistrent une chute de trafic à deux chiffres sur cinq ans, 34 ne dépassent pas la barre des 10.000 passagers et 17 seulement accueillent plus d’un million de passagers, seuil au-delà duquel un aéroport est en général rentable. Dans la région, seul l’aéroport de Nantes Atlantique, le 9ème de France, est considéré comme rentable avec 4,39 millions de passagers enregistrés l’an dernier, 5,7% de plus qu’en 2014. Les aéroports d’Angers et Le Mans, eux, avec respectivement 8.450 et 6.355 passagers enregistrés à l’année sont loin de faire l’affaire. Et que dire de l’aéroport de Saint-Nazaire avec ses 22671 passagers annuels, et de celui de Laval dont le trafic a chuté de 18% en cinq ans et qui n’a enregistré que 961 passagers l’an dernier.

Déficit chronique des petits aéroports Dans un rapport publié dès 2008, la Cour des Comptes avait pointé la situation. Elle relevait un déficit chronique des petits aéroports de province et des subventions des collectivités territoriales dépassant parfois un montant de 100 euros par passager. « Dans la quasi-totalité des cas, ces plateformes au faible trafic ne dégagent pas un autofinancement positif en l’absence de subventions d’exploitation », écrivait alors la Cour. « Sauf en cas de profil atypique, ce constat conduit à s’interroger sur le maintien en activité de certaines plateformes », concluait-elle, notant au passage le manque de fiabilité des études sur les retombées économiques locales des plateformes.

Concurrence des aéroports Les lacunes du système actuel français tiendraient au défaut d’implantation des aéroports, fruit de l’histoire et d’initiatives dispersées. « On a fait beaucoup trop de lignes ferroviaires en France à la fin du 19 e siècle ! On a eu, avec les aéroports, le même phénomène de surinvestissement », explique l’économiste Yves Crozet. Loin de se concerter, les gestionnaires des aéroports, proches parfois d’une cinquantaine de kilomètres, se livrent une bataille sans merci pour attirer passagers et compagnies à bas coûts. Et par un jeu de vases communicants, le trafic de l’un explose quand celui de l’autre s’écrase. Les aéroports de Dole et de Dijon en sont la parfaite illustration. Ces cinq dernières années, le premier enregistre la plus belle hausse de trafic de tous les aéroports français (+4.089 %), quand le second accuse la pire baisse de toutes les plateformes (-96 %).

Fermer ? Pas toujours Faut-il pour autant fermer tous les aéroports français non rentables ? La réponse est au cas par cas. Par effet d’opportunité, il arrive qu’une activité de trafic de passagers se soit développée sur les infrastructures existantes. « À chaque fois, il faut se poser la question de la vocation première d’un aéroport : assurer le désenclavement d’un territoire périphérique, une évacuation sanitaire... », explique Philippe Aliotti, délégué général de l’Union des aéroports français. « Il faut distinguer les petits aéroports subventionnés au niveau local mais qui apportent du tourisme et de l’activité des aéroports qui sont des gouffres financiers pour les collectivités publiques. Les situations sont assez variées. Il y a trop d’aéroports en France, mais il ne faut pas dire qu’il faut fermer tous les petits. Tout dépend d’où vient l’argent et de quel type de trafic il s’agit », juge l’économiste Yves Crozet


 


L’association | Contacts | Adhésions | Assemblées générales | Plan du site | Espace privé | Suivre la vie du site